Cet ouvrage propose de présenter au public francophone des textes à l’origine de la catégorie d’injustice épistémique, et d’autres qui en offrent des prolongements marquants. Les trajectoires du concept ici retracées sont donc à la fois temporelles et intellectuelles.
À paraître | le 19/11/2026
Collection : Philosophies pratiques
Publication : 19 novembre 2026
Édition : 1re édition
Intérieur : Noir & blanc
Support(s) : Livre papier
Nombre de pages Livre papier : 338
Langue(s) : Français
Code(s) CLIL : 3133
EAN13 Livre papier : 9791035111236
Les phénomènes d’injustice épistémique sont extrêmement courants et se manifestent dans de multiples domaines : c’est l’expérience de ces femmes violées, dont le témoignage n’est pas cru parce qu’elles ne correspondent pas au stéréotype de la victime idéale ; de ces personnes en situation de grande pauvreté, à la place desquelles on parle parce qu’on suppose qu’elles ne savent pas s’exprimer correctement ; ou encore de ces patients, dont les symptômes sont minimisés lorsqu’ils les décrivent parce que « c’est dans leur tête ». L’injustice épistémique est ce type de tort que nous subissons en tant qu’agents épistémiques, c’est-à-dire en tant qu’agents capables d’utiliser, de produire et de transmettre de l’information et du savoir. Si l’expression n’a été forgée par la philosophe Miranda Fricker qu’en 2007 dans Epistemic Injustice, les phénomènes d’oppression, de dysfonctionnement et de violence épistémiques avaient déjà été identifiés par les théoriciennes et les théoriciens féministes et antiracistes notamment. Cet ouvrage propose de présenter au public francophone des textes à l’origine de la catégorie d’injustice épistémique, et d’autres qui en offrent des prolongements marquants. Les trajectoires du concept ici retracées sont donc à la fois temporelles et intellectuelles. L’article pionnier de Miranda Fricker résonne avec des textes devenus canoniques dans le champ anglophone : Charles Mills sur l’ignorance blanche, Kristie Dotson sur l’injustice contributive, ou encore José Medina sur la colorblindness et l’imagination raciale, et avec les inédits qui ouvrent des perspectives nouvelles en philosophie sociale, morale et politique.
Introduction. L’injustice épistémique : définition, sources et perspectives
Magali Bessone, Marie Garrau et Cécile Lavergne
Première partie
Généalogies
Oppression épistémique et privilège épistémique
Miranda Fricker
L’ignorance blanche
Charles Mills
Une fable en guise de mise en garde. Ou comment limiter l’oppression épistémique
Kristie Dotson
Colorblindness, méta-ignorance et imagination raciale
José Medina
Deuxième partie
Approfondissements théoriques
Une théorie pluraliste de l’agentivité et de l’injustice épistémiques
Amandine Catala
Injustice épistémique et domination sociale
Emmanuel Renault
Les circonstances, la responsabilité et la chance morale
Lubomira Radoilska
Troisième partie
Diagnostics et remèdes
Le paradoxe épistémique de la victime idéalement traumatisée. Les victimes de viols ordinaires face aux injustices épistémiques agentielles
Alexane Guérin
Spectres de Haïti, ou comment réparer l’ignorance blanche
Magali Bessone
Le devenir allié·e comme remède aux injustices épistémiques ? Penser l’alliance à partir des pratiques d’ATD Quart Monde
Marie Garrau
La recherche en sciences sociales au risque de l’appropriation épistémique : apports de la sociologie critique
Cécile Lavergne
20,00 €
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19,00 €
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